12 Mesures pour crédibiliser les examens nationaux

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Depuis quelques jours, une question lancinante divise l’opinion publique à savoir : l’éventuelle interruption des réseaux sociaux pendant les examens nationaux. D’un camp ceux qui soutiennent cette mesure draconienne, de l’autre, ceux qui la jugent radicale et anti-démocratique. Les uns comme les autres, reconnaissons-le, ont le souci tangible de la qualification du système éducatif en général, la crédibilisation des examens nationaux en particulier.

-Quelles sont les anomalies constatées lors des récents examens nationaux ?

-Comment y remédier ?

En effet, il faut avoir le courage d’avouer que de nombreuses anomalies avaient été détectées l’an passé lors des examens scolaires ; des anomalies qui affectent gravement la crédibilité des dits examens. Et, par ricochet, la qualité de l’enseignement en Guinée ainsi que la valeur des diplômes. Parmi ces anomalies et suivant les niveaux, nous pouvons noter :

A-Examen du Certificat d’Études Élémentaires : Communication des réponses par les surveillants, facilitation de la communication inter-élèves, attroupements au tour des centres, laxisme des délégués et des agents de sécurité, corruption des surveillants et délégués, complicité entre établissements privés et délégués.

B-BEPC : Fuite d’épreuves (ECM), usage des téléphones portables par les élèves et les surveillants, communication de l’extérieur vers l’intérieur ou vice versa, communication des réponses par les surveillances, facilitation de la communication à l’interne (échange de brouillons), attroupements au tour des centres, corruption et laxisme des surveillants, des délégués et des agents de sécurité.

C-Bac Unique : En plus des anomalies signalées lors de l’examen du CEE et du BEPC, il y a eu une forte amplification de la communication via les réseaux sociaux (whatsapp et messenger) et par téléphone. Partant de ces anomalies et en raison de la mauvaise organisation des examens nationaux, les mesures ci-après sont nécessaires et imminentes :

1-Création et formation d’une unité spéciale de sécurisation des examens (USSE) ;

2-Renforcer la sécurité au niveau des centres (3 voire 4 agents par centre en fonction des centres et des niveaux) ;

3-Ouvrir des enquêtes pour démanteler et sanctionner d’éventuels responsables de fraude ;

4-Interdire les attroupements au tour des centres d’examens, notamment dans les bars cafés ; 5-Respect strict de la rotation des surveillants (surveillance du primaire assurée par les enseignants du secondaire et vice versa) ;

6-Prendre toutes les dispositions nécessaires en matière logistique, notamment les cahiers de brouillons ;

7-Implication des organisations de la société civile évoluant dans le secteur de l’éducation et des médias dans la préparation et la supervision des examens à travers la mise en place d’une commission spéciale indépendante d’observation des examens nationaux ;

8-Améliorer et payer à temps les primes des surveillants, des délégués, des agents de sécurité et des correcteurs ;

9-Changer carrément le processus de sélection des sujets ;

10-Veuiller sur l’application stricte de l’interdiction des téléphones dans les centres tant bien aux élèves qu’aux surveillants ;

11-Interdiction des révisions nocturnes pendant les examens ;

12-Brouiller les téléphones ou, si nécessaire, interrompre les réseaux sociaux pendant les heures d’examens. En fin, nous ne nous considérons nullement comme détenteur du sésame pour la crédibilisation des examens nationaux, mais, nous restons persuadé qu’en appliquant ces différentes mesures, nous parviendrons à minimiser les risques de fraude. Car, la qualification du système éducatif guinéen passera forcément par un système d’évaluation crédible et efficace tant bien dans les classes intermédiaires que lors des examens nationaux. Comme le disait un penseur bien averti : « Tant vaut l’école, tant vaut la nation ».

Aboubacar Mandela CAMARA Sociologue/Enseignant-Chercheur / Auteur /Consultant en éducation et Activiste

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